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Lundi 29 avril 2013 1 29 /04 /Avr /2013 16:07

 

 

 

 

On dit que, lorsque Orphée descendit aux enfers, le cœur plein de deuil et d'amour et d'un encore inextinguible espoir, car celle qui lui était chère, celle auprès de qui, après maints travaux, après maintes traversées et aventures, il s'apprêtait à goûter aux joies sereines d'un bonheur domestique, Eurydice amoureuse, par le décret jaloux de quelque dieu mesquin, par la morsure du froid serpent lui avait été arrachée ; on dit que, lorsque Orphée descendit aux enfers, devant Pluton et Proserpine inflexibles, il entama son chant le plus beau, le plus poignant et le plus heureux à la fois, heureux d'avoir pu goûter à l'amour si fort qu'il l'avait voulu suivre aux enfers, si fort que le deuil n'avait suffit à le terrasser ; on dit que, lorsque Orphée descendit aux enfers, lorsque ses doigts touchèrent la lyre et qu'il entonna au cœur de la vallée des morts ce chant d'amour et d'espoir, alors toutes les pauvres âmes de ces pauvres morts cessèrent un instant de gémir pour l'écouter et que, un fois au cours de son éternité de châtiment, Sisyphe cessa un instant de pousser son rocher et que, se reposant sur lui au lieu de s'épuiser sur lui, il l'écoutait en souriant.

 

 

 

Par Lechaf - Publié dans : poésie - Communauté : Ecrire et lire
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Jeudi 4 avril 2013 4 04 /04 /Avr /2013 12:07

 

 

 

 

J'ai commencé à écrire ce blog en juin 2006. Le but était de m'astreindre à montrer ce que j'écris, à assumer mon ambition et ma prétention de poète. Je pense que ce but-là est atteint. Il s'agissait aussi d'un entraînement et d'une discipline. Affirmer mon style et ma capacité de travail avec une certaine régularité. Au niveau du style, je pense avoir progressé, quand je relis mes anciennes feuilles. Pour ce qui est de la discipline et de la régularité, autant se l'avouer, c'est un échec. A vrai dire, je ne crois pas qu'il y ait une once de discipline ou de régularité dans mon existence, mon caractère, mon ADN.

 

Le problème qui se pose à moi à l'heure actuelle, c'est qu'écrire pour le blog revient désormais à écrire pour d'autres. Ecrire avec un lecteur en tête. Je ne m'autorise pas autant d'honnêteté que j'en avais au début, quand j'étais persuadé que personne ne lisait. Je m'astreins toujours à la plus grande sincérité mais il y a des territoires sur lesquels je n'ose pas vous emmener. Des territoires que je dois d'abord explorer seul, dans la solitude de mon bureau.

 

Pour cela, je dois me renfermer. Donc, le blog va connaître un période d'inactivité indéfinie. Je ne le ferme pas, et j'y publierai certainement de temps à autre, si le besoin de dire se fait sentir.

 

 

Si jamais vous voulez obtenir les PDF, les mises en formes des travaux que j'ai déjà publiés ici, il vous suffit d'aller sur le petit formulaire "Contact", là-haut à droite et de m'envoyer vos coordonnées en précisant ce que vous voulez lire. Pour l'instant, je tiens à votre dispositon

 

-La genèse du Rock and Roll.

-Les 51 premières lois du Lechafisme.

-L'apocalypse selon Lechaf, première et deuxième partie.

 

 

En vous souhaitant un agréable printemps,

 

 

Lechaf.

 

Par Lechaf - Publié dans : carnet - Communauté : Les chroniques de la meute
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Samedi 9 mars 2013 6 09 /03 /Mars /2013 16:50

 

 

 

 

 

Le lechafisme, première époque est terminé. J'ai compilé dans un petit document l'ensemble de la chose. Si vous le souhaitez, je peux vous l'envoyer par mail au format PDF, en échange de commentaires, critiques, suggestions.

Si vous avez un petit coup de crayon et du temps à perdre, j'adorerais un petit frontispice pour la page de titre et les deux intercalaires nommés "le dogme lechafiste" et "les trois piliers du lechafisme.

 

Merci.

Par Lechaf - Publié dans : le Lechafisme - Communauté : Les chroniques de la meute
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Mercredi 6 mars 2013 3 06 /03 /Mars /2013 12:33







On est arrivé à 16h. Deux voitures, les coffres pleins: grosse caisse, caisse claire, toms aigu, medium et basse (le tom basse, c'est mon préféré), pieds de cymbales, pied de charley, cymbales, pédale de la grosse caisse, ampli guitare, ampli basse, l'autre ampli basse pour le chant, le micro, la guitare, la basse, la valise de Kro.

J'ai oublié les baguettes, j'ai l'air con.

Retour à la maison avec Edgar, on récupère les baguettes et on en profite pour fumer un joint dans la voiture. En roulant, je me rends compte que j'ai les mains qui tremblent et le cœur qui bat un peu trop vite.

"Ouais, moi aussi."

Et on rigole comme des idiots.



Retour au bistrot. Devant la terrasse, les filles sont en train d'installer l'épouvantail. C'est un épouvantail qu'ils ont fabriqué pour tenir un panneau qui dit: "ralentissez, concert", parce qu'on installe la scène à moitié sur la rue.

JP, c'est le patron, sert une bière à chacun et on commence à s'installer.

L'installation me permet de me concentrer sur quelque chose que je maîtrise et d'évacuer un peu le trac. Une batterie à installer, c'est un meccano géant, on visse des boulons, on règle la hauteur des pieds, on serre-on desserre les peaux, on cherche le poum-pam parfait, on se trouve une chaise à la bonne hauteur parce qu'on n'a pas de tabouret (un prochain anniversaire, ou après les vendanges éventuellement). Je suis enfin devant mon panneau de contrôle. A portée de bras, au bout de mes baguettes, chaque élément est à sa place et produit un effet différent. J'essaie l'un, puis l'autre et encore le suivant, et de plus en plus vite et ça devient un roulement, et ça se déplace d'un tom à l'autre et c'est tout un solo de batterie sur une rue endormie de Langon, par un samedi après-midi tout à fait ordinaire. Pendant ce temps-là, Edgar, Lolo et Tic sont en train de s'installer, chacun concentré sur son petit bout de scène. Les autres sont sortis du bistrot et me regardent. Je m'arrête et je sens une chaleur sur mes joues qui me dit que je suis en train de rougir comme une jeune fille.

C'est Edgar qui vient me sauver:

 

"Waouh, tu joues comme une dieu

-Merci, j'aime taper."

 

 

Et on rigole comme des idiots.



En buvant une autre bière, les balances commencent. Assez sommaires, les balances, vu le matos à notre disposition. Ti Guy et Klem sont au milieu de la terrasse et nous écoute jouer un morceau, ensuite ils nous crient:

"On entend que la batterie! Tu peux pas jouer moins fort?

-Non, je peux pas!"

Alors, on monte le son des amplis, et on recommence.

"Plus forte la basse!

-Plus fort le chant!

-Moins de batterie!

-Mais je peux pas, putain!"



Et ainsi, petit à petit, on joue trois morceaux jusqu'à ce que ce que ça soit passable vu du public, même si on ne s'entend presque pas entre nous. On se dit que ça va aller, on connaît bien les morceaux et on se regarde, ça devrait faire illusion. On descend et on fait la balance des Sticky Mug et buvant des bières et en rigolant comme des idiots.

Comme il reste plusieurs heures avant le concert, on va tous faire un tour au bord de la Garonne, une quinzaine de grands adolescents à cheveux plus ou moins long et plus ou moins propres, en comptant les copines et les cousins.

On reconnaît ceux qui vont jouer parce qu'ils commencent à être bien ivre (il est 18 heures) et que leur rire est un peu plus bruyant, un peu plus forcé que les autres. Et parfois, ils s'éloignent du groupe, avec une cigarette face au fleuve, et se demandent si ça vaut bien le coup.

On a travaillé dur, on y croit tous, mais au fond, il est clair que nous ne sommes qu'un groupe de lycéen de plus. On met beaucoup de nous-même et beaucoup de travail dans ces chansons et -on ne le dit pas mais on le sait- ça reste médiocre et pas très original. Et les gens qui vont venir nous voir, dans leur majorité, viennent pour être sympa avec les copains, ou pour emballer une chanteuse, ou parce qu'il n'y a rien d'autre à faire à Langon un samedi soir.



A un moment, on se retrouve tous les quatre, on se tient par les épaules et par les fronts et on rigole comme des idiots.



...



On joue et le temps passe très vite, sauf le moment où je perds une baguette. Je continue à jouer d'une main, tandis que je me tords dans tous les sens pour la rattraper. Et ça recommence. On enchaîne les morceaux et on finit comme Sonic Youth dans un larsen interminable. Nous sommes tous en sueur et nous sourions dans le vide. Les gens devant la scène nous applaudissent et crient. Les plus enthousiastes sont évidemment nos copains des Sticky Mugs. Bien sûr, nous allons leur rendre la pareille dans dix minutes, parce que c'est ce qu'on fait entre copains mais d'abord, il faut descendre de la scène, se faire taper dans le dos, boire une bière, fumer un joint.



Et rigoler comme des idiots.







 

Par Lechaf - Publié dans : Chroniques du rock and roll - Communauté : écrire c'est hurler en silence
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Jeudi 21 février 2013 4 21 /02 /Fév /2013 12:33

 

 

 

 

 

 

 

51. Lechaf, c'est moi, mais en pire.

 

 

 

 

 

 

 

Et ceci clôt le cycle des premières loi du lechafisme. Je ne sais pas encore si il y en aura d'autres, ni ce que je vais faire avec celles-ci. A suivre, ou à oublier, nous verrons.

Par Lechaf - Publié dans : le Lechafisme - Communauté : Les chroniques de la meute
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En ce moment, je lis:

La vie, mode d'emploi, Georges Perec.

 

L'art du roman, Virginia Woolfe.

l'éternaute, Breccia et Oesterheld. 

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